Association pour la Renaissance de l’Homme Tridimensionnel

JUNG et le YI KING

 

JUNG et le YI KING

En introduction : extrait du discours d’hommage à Richard Wilhem de C.G ; Jung (1930) :

« La fonction sur laquelle se fonde la pratique du Yi King est en effet selon toute apparence en totale contradiction avec la vision du monde scientifique, elle est proprement tabou, et par conséquent soustraite et incompréhensible à notre jugement scientifique.

Voici quelques années, le président de la British Anthropological society de l’époque me demanda comment je pouvais expliquer que le peuple chinois n’ait élaboré aucune science. Je répliquai que cela devait être une illusion d’optique, puisque la Chine possédait une science dont le « standard work » était le Yi King, mais que le principe de cette science, comme tant d’autres choses en Chine, était totalement différent de notre principe scientifique à nous.

La science du Yi King repose en effet, non sur le principe de causalité, mais sur un principe non denommé jusqu’ici – parce qu’il ne se présente pas chez nous – auquel j’ai donné, à titre provisoire, le nom de principe de synchronicité. Une fréquentation de la psychologie des phénomènes inconscients m’a forcé, depuis un grand nombre d’années déjà, à me mettre à la recherche d’un autre principe d’explication, puisque le principe de causalité me paraissait insuffisant pour éclairer certains phénomènes remarquables de la psychologie inconsciente.

Je découvris en effet l’existence de phénomènes psychologiques parallèles entre lesquels il n’est absolument pas possible d’établir de relations causales, mais qui doivent être placé dans un autre ordre de connexions. Une telle connexion me parut consister dans la simultanéité relative, d’où le nom de synchronicité. On dirait en effet que le temps n’est rien moins qu’une abstraction, mais bien plutôt un continuum concret renfermant des qualités ou des conditions fondamentales qui peuvent se manifester dans une relative simultanéité en différents endroits selon un parallélisme dénué d’explications causales ; c’est le cas par exemple de l’apparition simultanée de pensées, de symboles ou d’états psychiques identiques. On trouverait un autre exemple dans l’existence, mise en relief par Wilhem, d’une simultanéité entre les périodes de style chinoises et européennes qui ne peuvent être mises en rapport de causalité les unes avec les autres. On aurait un exemple de synchronicité de première grandeur dans l’astrologie si elle disposait de résultats pleinement vérifiés. Toutefois il existe au moins un certain nombre de faits entièrement contrôlés et éprouvés à l’aide d’abondantes statistiques qui font du problème astrologique une question digne d’arrêter l’attention des philosophes. (La psychologie ne fait pas de difficulté à tenir l’astrologie pour assurée, car cette discipline représente la somme de toutes les connaissances psychologiques de l’antiquité.)

La possibilité réelle de reconstruire de façon adéquate le caractère à partir de la nativité démontre la validité relative de l’astrologie… En d’autres termes, ce qui est enfanté ou crée à ce moment du temps a la qualité de ce moment. »

C.G. JUNG a repris la connaissance du Yi King dans son livre : « Les 8 types psychologiques » qui sont associés aux 8 trigrammes.

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